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Faute éliminatoire au permis B : exemples concrets, différences avec les fautes simples, situations à haut risque et exercices pratiques pour préparer un second passage en ciblant les erreurs qui font vraiment échouer l’examen.
Les fautes eliminatoires au permis : pourquoi elles explosent le taux d'echec et comment les eviter

Faute éliminatoire au permis : pourquoi la majorité des recalés tombent sur quelques gestes précis

Un échec au permis B après l’examen pratique laisse souvent un goût d’injustice. Pourtant, dans la grande majorité des cas, ce n’est pas le niveau global de conduite qui est en cause, mais une faute éliminatoire précise commise au mauvais moment. Comprendre ces fautes éliminatoires, la manière dont elles sont évaluées et comment les éviter change complètement la façon de préparer l’épreuve.

Les bilans annuels du permis de conduire publiés par la Délégation à la sécurité routière (DSR, ministère de l’Intérieur) montrent qu’une part très importante des candidats recalés ont au moins une faute éliminatoire au permis B. Le « Bilan du permis de conduire 2022 » souligne par exemple que les échecs reposent majoritairement sur quelques situations critiques récurrentes. Autrement dit, la plupart des candidats ont un niveau suffisant pour manier le véhicule et gérer la circulation, mais se font surprendre par une erreur unique qui crée un danger immédiat pour les usagers. Cette réalité doit vous amener à cibler vos révisions sur les situations à risque plutôt que de vouloir tout revoir de manière indistincte.

Une faute éliminatoire au permis est une action ou une absence d’action qui crée un danger direct et grave sur la route. L’inspecteur considère alors que la sécurité n’est plus assurée, ce qui entraîne un arrêt net de l’épreuve et l’échec automatique, même si le reste de la conduite était correct. À l’inverse, les fautes dites de catégorie B sont des erreurs qui pénalisent la note mais ne suffisent pas, seules, à faire échouer l’examen pratique. Le barème officiel de l’épreuve pratique du permis B, détaillé dans les fiches d’évaluation de la DSR, prévoit qu’une seule faute éliminatoire entraîne l’ajournement, même si la note globale aurait été suffisante sans cette erreur.

Cette différence entre fautes B et fautes éliminatoires est essentielle pour un candidat déjà recalé. Une petite erreur de trajectoire ou un léger manque d’anticipation peuvent rester tolérés si le danger pour les usagers de la route n’est pas avéré. En revanche, ignorer une priorité à gauche, franchir une ligne continue ou ne pas marquer un arrêt à un stop sont des fautes éliminatoires typiques qui font chuter immédiatement la note à zéro. Les rapports d’évaluation des inspecteurs indiquent que ces situations de priorité et de non-respect de la signalisation concentrent une part majoritaire des éliminations.

Le top 5 des fautes éliminatoires regroupe presque toujours les mêmes gestes, ce qui confirme que le problème n’est pas la compétence globale mais quelques réflexes mal ancrés. On y retrouve la priorité ignorée, la ligne continue franchie, le feu rouge grillé, le stop non marqué et toute mise en danger manifeste. Si vous concentrez vos entraînements sur ces situations, vous réduisez fortement le risque de commettre une faute éliminatoire pendant l’épreuve. Un bon exercice consiste à demander à votre moniteur un « parcours spécial priorités » où vous enchaînez stops, cédez-le-passage et feux tricolores pendant toute une heure.

Dans la pratique, l’inspecteur observe surtout la manière dont vous gérez le danger et la circulation autour du véhicule. Il regarde comment vous tenez le volant, comment vous abordez un virage, comment vous préparez un dépassement et comment vous contrôlez les angles morts lors d’un changement de direction. Chaque geste est évalué à l’aune du code de la route, mais aussi de la capacité à protéger les autres usagers. Des phrases typiques que vous pouvez entendre sont par exemple : « Nous allons prendre la prochaine à droite », « Insérez-vous sur la voie de gauche quand vous le pourrez », ou encore « Au prochain rond-point, vous prendrez la troisième sortie ».

Un exemple fréquent de faute éliminatoire au permis concerne le chevauchement de la ligne médiane de la route de manière prolongée. Chevaucher de cette manière l’axe médian ou la ligne continue, surtout sur une route étroite, peut être considéré comme une mise en danger des usagers venant en face. Quand ce chevauchement se prolonge sur l’axe médian de façon manifeste, l’inspecteur peut juger que la trajectoire met en cause la sécurité. Pour vous entraîner, demandez une séance sur route bidirectionnelle en vous fixant comme objectif de garder une distance constante avec la ligne médiane et de corriger immédiatement tout écart.

Autre cas classique, le fait de heurter le trottoir avec une roue lors d’un stationnement ou d’un démarrage en côte. Heurter le trottoir peut sembler anodin à un élève, mais pour l’examinateur, cela signifie que la maîtrise du véhicule permis n’est pas suffisante pour garantir la sécurité des piétons. Dans certaines situations, ce contact avec le trottoir peut être requalifié en faute éliminatoire, surtout si le danger pour les usagers est avéré. Un bon exercice consiste à répéter plusieurs fois la même manœuvre de stationnement en parallèle, en vous arrêtant systématiquement à 10–15 cm du trottoir sans le toucher.

Les éliminatoires à l’arrêt sont aussi fréquentes, notamment lors d’un stop ou d’un feu rouge. Ne pas marquer un arrêt complet, ou s’arrêter après la ligne au point de gêner la circulation, fait partie des erreurs qui peuvent être jugées éliminatoires. Là encore, ce n’est pas seulement l’erreur de forme qui est sanctionnée, mais le risque de collision créé par un arrêt mal placé. En leçon, vous pouvez vous entraîner à compter mentalement « 1-2 » une fois le véhicule totalement immobilisé à la bonne place avant de repartir.

Pour un candidat déjà recalé, la priorité n’est donc pas de multiplier les heures de conduite sans objectif. Il est plus efficace de demander à l’auto-école un programme ciblé sur les fautes éliminatoires les plus fréquentes, en travaillant chaque geste dans des conditions proches de l’examen. Cette approche permet de transformer un échec en plan d’action concret, centré sur les vrais risques plutôt que sur un sentiment diffus de « ne pas être prêt ». Une bonne base de travail est de dresser avec votre moniteur une mini-checklist personnelle des trois situations où vous vous sentez le plus fragile (par exemple : priorités, rond-points, insertions).

Différence entre faute B et faute éliminatoire : ce qui fait vraiment basculer l’épreuve

Beaucoup de candidats confondent encore les erreurs notées comme fautes simples et celles qui sont jugées éliminatoires. Cette confusion alimente un stress inutile, car on croit parfois avoir raté l’examen dès la première hésitation alors que l’inspecteur continue d’évaluer l’ensemble de la conduite. Comprendre ce barème vous permet de relativiser certaines erreurs et de concentrer votre vigilance sur les gestes réellement critiques, ceux qui peuvent faire basculer l’épreuve en quelques secondes.

Une faute de catégorie B correspond à une erreur qui ne crée pas immédiatement de danger pour les usagers de la route. Par exemple, un léger manque d’anticipation sur un changement de direction, un clignotant mis un peu tard ou une trajectoire imparfaite dans un virage restent souvent dans cette catégorie. Ces erreurs s’additionnent, mais tant qu’elles ne traduisent pas une mise en danger, l’examen permis peut encore être réussi. Lors d’un débriefing, un moniteur peut par exemple vous dire : « Là, tu as mis le clignotant un peu tard, mais tu as quand même vérifié tes rétros, donc ce n’est pas éliminatoire. »

À l’inverse, une faute éliminatoire est liée à un risque de collision ou à une violation grave du code de la route. Ignorer une priorité, forcer un passage au feu orange très prononcé ou effectuer un dépassement sans visibilité suffisante sont des exemples typiques. Dès qu’un danger pour les usagers est avéré, l’épreuve s’arrête et le permis fautes se résume à cette seule erreur. Les données publiées par la Sécurité routière montrent que le top 5 des fautes éliminatoires regroupe la priorité ignorée, la ligne continue franchie, le feu rouge grillé, le stop non marqué et la mise en danger manifeste.

Les éliminatoires liées à l’arrêt sont particulièrement redoutées, car elles surviennent souvent sur des gestes que l’on croit maîtriser. Un arrêt insuffisant à un stop, un véhicule qui dépasse la ligne au point de mordre sur le passage piéton ou un démarrage qui fait caler le moteur en plein carrefour peuvent être jugés sévèrement. L’inspecteur se demande alors si, dans une situation réelle, ce comportement pourrait risquer une collision avec un autre véhicule ou un piéton. Pour vous entraîner, demandez à votre enseignant de vous faire enchaîner plusieurs carrefours à stop en vous imposant la consigne : « Tu t’arrêtes avant la ligne, tu marques un vrai temps d’arrêt, puis tu repars seulement quand tu as bien analysé. »

Les erreurs de trajectoire sur l’axe médian de la route sont aussi surveillées de près. Quand un candidat laisse sa voiture chevaucher la ligne médiane de manière prolongée, surtout en présence de circulation en sens inverse, la faute peut devenir éliminatoire. La logique est simple : une trajectoire qui empiète durablement sur l’axe médian prolonge le risque de choc frontal. Un exercice utile consiste à rouler sur une route peu fréquentée en demandant au moniteur de vous signaler chaque fois que vous vous rapprochez trop de la ligne médiane, afin de corriger immédiatement.

Il existe également des éliminatoires liées au trottoir, notamment lors des manœuvres. Heurter le trottoir avec une roue peut être toléré comme une faute B si la vitesse est très faible et si aucun danger usagers n’est constaté. Mais si le véhicule monte franchement sur le trottoir ou si un piéton se trouve à proximité, l’erreur bascule dans la catégorie des fautes éliminatoires. Pour progresser, vous pouvez vous fixer comme exercice de réussir trois stationnements consécutifs sans aucun contact avec le bord du trottoir avant de passer à une autre manœuvre.

Pour un candidat déjà recalé, l’enjeu est de distinguer ce qui relève d’une imperfection acceptable et ce qui peut faire tomber l’épreuve en quelques secondes. Il ne s’agit pas de viser une conduite parfaite, mais une conduite sûre, où chaque geste clé respecte la priorité, la signalisation et la sécurité des autres. Cette nuance change la manière de travailler avec le moniteur et de planifier les heures avant le prochain examen pratique. Avant de changer d’établissement, il est utile de se demander si l’auto-école actuelle a vraiment exploité tout le potentiel pédagogique, notamment en vous expliquant clairement quelles erreurs seraient, chez vous, potentiellement éliminatoires.

Le rôle du moniteur est central pour identifier les erreurs qui, chez vous, risquent le plus de devenir éliminatoires. Un bon enseignant ne se contente pas de corriger les fautes, il les classe selon leur gravité et leur fréquence pour bâtir un plan de travail. N’hésitez pas à lui demander explicitement une séance de débriefing centrée sur les fautes éliminatoires que vous avez déjà commises en leçon. Ce travail d’analyse fine permet de transformer un échec en véritable diagnostic de conduite, avec une liste claire de gestes à sécuriser comme la gestion des priorités, l’anticipation des piétons sur le trottoir ou la tenue de voie sur le médian de la route.

Situations à haut risque : rond points, insertions et trajectoires qui deviennent éliminatoires

Les statistiques d’examen montrent que quelques situations concentrent l’essentiel des fautes éliminatoires au permis. Les rond points complexes, les insertions sur voie rapide et les changements de direction en milieu urbain dense sont particulièrement piégeux. C’est là que se joue souvent la différence entre une simple erreur et une faute éliminatoire lourde de conséquences. En ciblant ces contextes à haut risque, vous rendez chaque heure de conduite beaucoup plus efficace.

Au rond point, la priorité et la gestion des usagers sont au cœur de l’évaluation. Ne pas céder le passage à un véhicule déjà engagé, s’insérer sans vérifier l’angle mort ou changer de voie au dernier moment peuvent être considérés comme des fautes éliminatoires. L’inspecteur observe si vous anticipez la circulation, si vous adaptez votre vitesse et si vous respectez la signalisation au sol sans chevaucher la ligne de manière prolongée. Un exercice concret consiste à demander une séance « spéciale ronds-points » où vous enchaînez plusieurs giratoires en appliquant systématiquement la même routine : rétroviseur, clignotant, angle mort, adaptation de la vitesse, puis insertion.

Sur voie rapide, l’insertion et le dépassement sont deux moments où le risque de collision est élevé. Un candidat qui s’engage sans atteindre une vitesse suffisante, ou qui force le passage en obligeant un autre véhicule à freiner brutalement, s’expose à une faute éliminatoire. De même, un dépassement mal préparé, sans contrôle des rétroviseurs ni clignotant, peut être jugé comme une mise en danger directe. Pour vous entraîner, vous pouvez demander à votre moniteur de simuler les consignes de l’examinateur, par exemple : « Nous allons nous insérer sur la voie rapide, prenez la bretelle et adaptez votre vitesse au trafic. »

Les trajectoires jouent aussi un rôle majeur dans la qualification d’une faute comme éliminatoire. Quand un candidat laisse son véhicule chevaucher la ligne médiane de la route de manière prolongée, l’examinateur évalue le risque pour les usagers venant en face. Si la manœuvre prolonge l’occupation de l’axe médian au point de créer un danger, la sanction tombe rapidement. Un bon exercice consiste à filmer, avec l’accord du moniteur, un trajet sur route bidirectionnelle pour analyser ensuite à froid votre positionnement dans la voie et repérer les moments où vous vous rapprochez trop de la ligne centrale.

En ville, les trottoirs et les piétons constituent une autre source de fautes éliminatoires fréquentes. Heurter le trottoir en sortant d’un stationnement, ou se rapprocher trop du bord au point de risquer une collision avec un piéton, peut être jugé très sévèrement. L’examen pratique ne tolère pas les approximations dès qu’un danger usagers vulnérables est en jeu. Pour progresser, vous pouvez demander un parcours d’entraînement en centre-ville avec pour consigne de garder en permanence une marge de sécurité latérale avec les piétons, les cyclistes et les véhicules en stationnement.

Les éliminatoires liées à l’arrêt se produisent souvent dans ces contextes urbains denses. Un arrêt mal positionné au feu, un véhicule qui dépasse la ligne de stop ou un refus de priorité à gauche en tournant dans une intersection sont des scénarios classiques. Chaque fois, l’inspecteur se demande si, en situation réelle, ce comportement aurait pu provoquer un accident. Un exercice simple consiste à vous entraîner sur un parcours fixe en ville en notant, après la leçon, tous les endroits où vous avez dû vous arrêter (feux, stops, passages piétons) et en vérifiant avec votre moniteur si chacun de ces arrêts aurait été jugé correct à l’examen.

Pour réduire ce risque, il est utile de programmer avec votre moniteur des séances thématiques sur ces points noirs. Demandez par exemple une heure entière consacrée aux rond points complexes, une autre aux insertions sur voie rapide et une troisième aux manœuvres près des trottoirs. Ce travail ciblé sur les situations à haut risque vaut mieux que des leçons générales où l’on se contente de « rouler » sans objectif précis. Le choix du moment pour intensifier la préparation joue aussi un rôle dans la réussite : mieux vaut concentrer les heures sur les semaines qui précèdent l’examen, avec un travail spécifique sur les fautes éliminatoires.

Un autre levier consiste à filmer certaines leçons, avec l’accord du moniteur, pour revoir à froid vos trajectoires et vos décisions. En observant comment vous tenez le volant, comment vous abordez un virage ou comment vous gérez un changement de direction, vous repérez plus facilement les erreurs récurrentes. Cette auto-observation renforce la mémorisation des bons gestes et diminue la probabilité de reproduire une faute éliminatoire le jour J. Enfin, n’oubliez pas que la peur de la faute éliminatoire peut, paradoxalement, en provoquer une : un candidat crispé sur le volant, obsédé par l’idée de ne pas échouer, finit souvent par oublier un contrôle ou par freiner trop brusquement.

Préparer un second passage : cibler les fautes éliminatoires plutôt que tout recommencer

Après un échec, beaucoup de candidats ont le réflexe de vouloir tout reprendre depuis le début. Cette stratégie est rarement la plus efficace, surtout quand l’examen a été raté sur une seule faute éliminatoire bien identifiée. L’enjeu n’est pas de tout réapprendre, mais de sécuriser quelques gestes clés qui font basculer l’épreuve. Les statistiques du ministère de l’Intérieur sur le permis de conduire (bilan 2022) montrent d’ailleurs que le taux de réussite au premier passage du permis B reste inférieur à 60 % en moyenne nationale, ce qui souligne l’impact de ces erreurs critiques.

La première étape consiste à obtenir un débriefing précis de l’examen précédent. Demandez à votre moniteur de reconstituer avec vous le trajet, les décisions prises et les erreurs commises, en distinguant clairement les fautes simples des fautes éliminatoires. Ce travail permet de transformer un souvenir flou en liste concrète de points à travailler. Vous pouvez par exemple noter dans un carnet : « Échec à cause d’un stop mal respecté dans une rue en pente » ou « Refus de priorité à gauche dans un carrefour à feux ».

Ensuite, construisez un plan de révision centré sur les situations qui ont posé problème. Si l’échec vient d’une priorité mal gérée, programmez plusieurs séances sur les intersections complexes, avec des priorités à gauche et à droite variées. Si la faute éliminatoire concernait un dépassement mal anticipé, concentrez-vous sur les routes à double sens avec trafic réel pour apprendre à évaluer les distances et les vitesses. Pour rendre ce plan concret, fixez-vous des objectifs chiffrés, par exemple : « Réussir cinq insertions consécutives sur voie rapide sans intervention du moniteur ».

Le choix de l’auto-école reste un élément important, mais il ne doit pas devenir un faux problème. L’essentiel est de vérifier que l’établissement propose un suivi personnalisé, avec un vrai travail sur les fautes éliminatoires et pas seulement des heures de conduite empilées. Pour le second passage, il est utile de demander explicitement des leçons « spéciales examen ». Ces séances reproduisent les conditions réelles de l’épreuve, avec un parcours varié, des rond points, des insertions et des manœuvres près des trottoirs. L’objectif est de repérer, en situation quasi réelle, les moments où vous risquez encore de commettre une faute éliminatoire.

Sur le plan mental, il faut accepter qu’une ou deux erreurs mineures ne condamnent pas automatiquement le permis. Rappelez-vous que l’inspecteur tolère certaines fautes tant qu’elles ne créent pas de danger immédiat pour les usagers. Cette réalité doit vous aider à rester concentré sur la conduite plutôt que sur le comptage anxieux des erreurs. La gestion du stress passe aussi par une bonne connaissance du déroulement de l’épreuve : savoir à quel moment l’inspecteur peut intervenir sur le volant, comment il note les erreurs et dans quelles conditions il décide d’arrêter l’examen réduit l’angoisse de l’inconnu.

Enfin, ne pariez pas sur une éventuelle refonte future de l’examen pour vous rassurer. Des évolutions sont régulièrement envisagées pour tenir compte du contexte de circulation, mais elles ne changeront pas le principe de base : une seule faute éliminatoire restera synonyme d’échec. Miser sur un hypothétique assouplissement du barème serait une mauvaise stratégie, alors que vous pouvez dès maintenant travailler les gestes qui posent problème. En vous concentrant sur ces quelques points critiques, vous transformez un échec isolé en véritable progression : le second passage n’est plus une répétition angoissante, mais l’aboutissement d’un travail ciblé sur les fautes éliminatoires qui comptent vraiment.

Repères concrets pour reconnaître et éviter les fautes éliminatoires les plus fréquentes

Pour terminer, il est utile de disposer de repères très concrets sur ce qui, dans la conduite, bascule d’une simple erreur vers une faute éliminatoire. Ces repères ne remplacent pas l’enseignement du moniteur, mais ils vous donnent une grille de lecture claire pour analyser vos propres leçons. L’objectif est que chaque séance au volant devienne un entraînement ciblé sur les gestes qui comptent vraiment, avec des exercices pratiques faciles à reproduire.

Premier repère, tout ce qui touche à la priorité et à la signalisation verticale ou horizontale. Ne pas respecter un stop, franchir une ligne continue, ignorer un feu rouge ou s’engager sans priorité dans un carrefour sont des fautes éliminatoires typiques. À chaque intersection, posez-vous mentalement la question de la priorité et vérifiez que votre trajectoire respecte la ligne au sol sans la chevaucher de manière prolongée. Un bon exercice consiste à choisir avec votre moniteur un petit circuit comportant plusieurs intersections et à le répéter jusqu’à ce que la gestion des priorités devienne automatique.

Deuxième repère, la gestion de la trajectoire par rapport à l’axe médian de la route et aux trottoirs. Une voiture qui roule trop près du bord au point de risquer de heurter le trottoir, ou qui laisse ses roues chevaucher la ligne médiane sur une longue distance, envoie un signal d’insécurité à l’examinateur. Sur chaque portion de route, surveillez la position du véhicule dans la voie et corrigez rapidement tout écart prolongé vers l’axe médian ou le bord. Pour vous entraîner, vous pouvez demander à votre moniteur de commenter en direct votre positionnement (« un peu plus à gauche », « garde ta distance avec le trottoir ») pendant quelques kilomètres.

Troisième repère, la capacité à anticiper le danger pour les usagers les plus vulnérables. Un piéton qui s’approche d’un passage, un cycliste qui circule près du trottoir ou un deux-roues qui remonte la file doivent déclencher chez vous un réflexe d’anticipation. Ne pas adapter sa vitesse ou sa trajectoire dans ces situations peut être interprété comme une faute éliminatoire, même sans collision effective. Un exercice simple consiste à vous fixer comme règle de dire à voix haute, pendant une leçon, tous les dangers potentiels que vous repérez (« piéton à droite », « vélo derrière », « scooter dans l’angle mort »).

Quatrième repère, la cohérence entre la vitesse, la visibilité et les décisions de dépassement ou de changement de direction. Un dépassement engagé sans visibilité suffisante, ou un changement de voie brutal sans contrôle des rétroviseurs, sont typiquement des comportements éliminatoires. Avant chaque manœuvre, demandez-vous si, à la place de l’inspecteur, vous jugeriez cette décision compatible avec la sécurité. Pour vous entraîner, vous pouvez travailler avec votre moniteur sur un parcours incluant plusieurs dépassements autorisés, en appliquant systématiquement la séquence : observation, évaluation de la distance, clignotant, contrôle de l’angle mort, puis décision.

Cinquième repère, la qualité des arrêts et des redémarrages dans les zones sensibles. Un arrêt trop avancé qui mord sur un passage piéton, un redémarrage qui fait caler le moteur en plein carrefour ou un véhicule qui reste immobilisé trop longtemps au feu vert peuvent être mal perçus. L’examen pratique valorise une conduite fluide mais surtout prévisible, où les autres usagers peuvent anticiper vos intentions. Un bon exercice consiste à vous entraîner sur un carrefour complexe en répétant plusieurs fois la même séquence arrêt/redémarrage jusqu’à ce que le geste devienne fluide et sûr.

Pour structurer ce travail, vous pouvez tenir un carnet de bord de vos leçons. Après chaque séance, notez les erreurs commises, en distinguant celles qui auraient pu être éliminatoires de celles qui relèvent plutôt d’imperfections. Cette démarche vous aide à voir si certaines fautes reviennent souvent, comme la tendance à chevaucher la ligne médiane ou à vous rapprocher trop du trottoir. Si vous hésitez encore sur le bon moment pour programmer un nouveau passage, rappelez-vous que la qualité de la préparation compte plus que la durée totale : quelques heures ciblées sur les fautes éliminatoires les plus probables valent mieux qu’un grand nombre de leçons sans objectif précis.

Chiffres clés sur les fautes éliminatoires au permis de conduire

  • Les bilans annuels de la Délégation à la sécurité routière (par exemple le « Bilan du permis de conduire 2022 », ministère de l’Intérieur) indiquent qu’une très grande majorité des candidats recalés au permis B ont commis au moins une faute éliminatoire lors de l’épreuve pratique, ce qui confirme que l’échec repose majoritairement sur quelques gestes critiques plutôt que sur l’ensemble de la conduite.
  • Les données publiées par la Sécurité routière montrent que le top 5 des fautes éliminatoires regroupe la priorité ignorée, la ligne continue franchie, le feu rouge grillé, le stop non marqué et la mise en danger manifeste, ces cinq erreurs représentant une large part des échecs à l’examen.
  • Le barème officiel de l’épreuve pratique du permis B, détaillé dans les fiches d’évaluation de la DSR, prévoit qu’une seule faute éliminatoire entraîne automatiquement l’échec, même si la note globale aurait été suffisante sans cette erreur, ce qui renforce l’importance de cibler ces gestes en formation.
  • Les statistiques du ministère de l’Intérieur sur le permis de conduire (bilan 2022 consultable sur le site de la Sécurité routière) montrent que le taux de réussite au premier passage du permis B reste inférieur à 60 % en moyenne nationale, ce qui souligne l’impact des fautes éliminatoires sur le nombre de présentations nécessaires pour obtenir le permis.
  • Les rapports d’évaluation des inspecteurs indiquent que les situations de priorité, de franchissement de ligne continue et de non-respect des signalisations de stop ou de feu rouge concentrent une part majoritaire des fautes éliminatoires, devant les erreurs de manœuvre ou de stationnement.
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